Il
y a beaucoup à dire sur les poissons, on pourrait leur dédier un site entier.
Je vais donc aborder les généralités et dessiner leur portrait. La question
première est pourquoi mettre des poissons dans un bassin :
ils
font partie intégrante de l’écosystème, au même titre que les plantes
aquatiques.
ils
participent à la vie et à l’équilibre du bassin.
ils
représentent un côté esthétique non négligeable (couleurs, formes). De
plus, ils s’apprivoisent très bien et sont un attrait pour les grands
comme pour les petits.
ils
peuvent être à l’origine de la création du jardin aquatique, car de
plus en plus de possesseurs de bassin sont passionnés par les Koï.
ils
ont également un côté utile, en dévorant les larves de moustique, et
leurs déjections servent d’engrais pour les plantes.
Les freins :
attention
aux surpopulations (dues à la reproduction ou à l’introduction d’un
nombre trop élevé de poissons) qui peuvent créer un déséquilibre de la
qualité de l’eau.
les
Koïs peuvent détériorer les plantations si celles-ci n’ont pas été
protégées (paniers + pierre de lave sur le dessus).
Les
principales variétés de poisson d’eau froide pour bassin :
Le Koï
(Cyprinus carpio) :
Seigneurs
du bassin, véritable institution chez les Japonais où ils sont associés aux
divinités, ils symbolisent le courage, la longévité, le succès. Le Koï ou
carpe Koï (le véritable nom étant NISHIKIGOI en japonais) est en fait issu de
mutations chromatiques de notre carpe commune (également cyprinus carpio). Les
carpes originaires des régions de l’Asie Centrale, ont transité par la Chine
avant d’être introduites au Japon lors des invasions chinoises.
Tancho
Showa et Taisho Sanke
Le
berceau des Koï au Japon est situé dans la région de Niigata (photo
ci-dessous) et remonte en 200 avant JC. Il s’agit d’une région montagneuse,
recouverte de neige 2 à 3 mois par an. Les carpes étaient élevées pour l’alimentation
des habitants. Pour passer l’hiver, elles étaient rentrées dans des
« bassins » intérieurs.
Au
début du XIXème siècle, les éleveurs ont commencé à
sélectionner les mutations de couleur qui sont apparues sur certaines carpes.
Au cours du XXème
siècle, le commerce des variétés colorées et sélectionnées s’est
développé fortement.
Il existe un grand nombre de types
classiques de koi. A
chaque couleur, chaque motif, correspond une dénomination japonaise. La
disposition des écailles permet de répartir les Koï en trois sous-catégories :
Koï :
entièrement recouvert d’écailles
Koï
cuir ou Doitsu
(croisement avec des carpes allemandes) : écailles présentes
uniquement sur la ligne latérale comme sur la carpe de
gauche ci dessous :
Koï
Ginrin : le corps est recouvert d’écailles présentant des facettes,
donnant un aspect lumineux au poisson.
Les
Koï bicolores : marques rouges sur
fond blanc (KOHAKU), tache ronde sur la tête (Tancho kohaku) symbolise le soleil levant, représentation du drapeau japonais. Fond
noir ponctué de marques de couleur (UTSURI) : blanc (Shiro utsuri), rouge (Hi
utsuri), jaunes (Ki utsuri).
Les Koï tricolores : marques rouges et noires
sur fond blanc (TAISHO SANKE), marques rouges et blanches sur fond noir (SHOWA
SANSHOKU) de façon générale.
Ces
sélections sont à l’origine, chaque année au Japon, de nombreuses
manifestations, expositions de grands concours de koi. Les prix varient selon la
catégorie, la taille et la qualité des couleurs du koi.
Il
existe de nombreuses qualités de Koï, les prix chez les vendeurs sont établis
en fonction : de la provenance (Japon, Israël, Malaisie,
Europe… ), de la taille du poisson, de la beauté des couleurs et
de la forme du poisson. Les critères des éleveurs japonais sont les
suivants : very high quality, high quality, standard. En France, on rencontre
souvent une pseudo-classification avec des lettres de type AA, A, B… pas
toujours très claire dans le commerce et mélangeant souvent les provenances,
rendant ainsi confus le choix pour un néophyte.
Le Koï est un poisson rustique qui demande peu d’entretien
s’il est dans de très bonnes conditions sanitaires (ce poisson nécessite une
eau bien filtrée et oxygénée : jet, cascade…). Il peut vivre des
dizaines d’années (entre 35 et 40 ans en France) et mesurer jusqu’à 1 m
(au Japon, exceptionnel).
Pour les puristes les bassins à Koï sont
réalisés sans plantation, les poissons devant être présentés de façon à
ce que seul leur forme et leurs couleurs soient mises en valeur. Afin de bien s’épanouir
dans leur nouvel environnement le bassin devra avoir au minimum une dizaine de
m³. Il est conseillé de compter un m³ d’eau par poisson adulte. La
profondeur sera comprise entre 1 et 2 mètre. Dans un bassin de dimensions
plus modestes, il est bien sur possible d’introduire des poissons, leur
développement sera cependant moins important et l’équilibre biologique sera
plus fragile.
Le métabolisme des poissons fonctionne à merveille
lorsque la température de l’eau est aux alentours de 20 °C (température
rencontrée dans leur pays d’origine : l’Asie centrale).
Un
Koï atteint la maturité sexuelle entre 3 et 5 ans. On peut différencier un
Koï (mature) plus facilement pendant la période de frais (de mai à juin selon
les années). La forme du corps et de la région ventrale (femelle plus
arrondie, mâle plus longiligne), permet de les distinguer, ainsi que l’apparition
de petits tubercules blancs discrets sur la tête du mâle. Les Koï se
reproduisent dans des herbiers en bords de bassin. Bien souvent, ils dévorent
aussitôt les œufs pondus ce qui évite bien heureusement une surpopulation du
bassin et tous les risques qui en découlent.
Shusui et Asagi
Le
facteur de réussite dans l’élevage des Koï réside donc dans la conception
d’un bassin assez profond, suffisamment grand en fonction du nombre de
pensionnaires souhaités à terme, dans lequel circule une eau parfaitement
équilibrée et oxygénée, dont la qualité reste le plus stable possible toute
l’année. Ce n’est qu’à ces conditions que vous aurez la joie, pendant de
nombreuses années, de pouvoir admirer les magnifiques couleurs de vos poissons,
observer leur rythme de vie, leurs habitudes. Parfaitement confiant en l’homme
qui le sélectionne depuis des décennies, le Koï est un poisson parfaitement
familier, et vous pourrez, avec un peu de patience, le caresser et lui donner à
manger dans la main.
Koï adultes prenant un bain de soleil en mai et alevins en août (5-6 cm)
puis à un an (12-15 cm)...