Annonceurs

Univers Bassin partenaire de Passion Bassin

POISSONS DE BASSIN -  L'ALIMENTATION DES KOI :


L'alimentation de la carpe...  De la carpe commune au koï : près de 2000 ans de domestication.

Comment parler de la
Nourriture d'un poisson sans aborder son Histoire, son Comportement et son Anatomie...

Un dossier complet sur 5 pages :

  

4 L'Alimentation (suite)

L'alimentation dans le bassin ; pour des koï sains, beaux et résistants :

L'élevage de poissons ornementaux effectué pendant plus de trois siècles et le développement de la manufacture d'aliment depuis 50 ans ont contribué à l'essor de ce loisir, mais la nutrition des poissons ornementaux se fonde sur une extrapolation de données dérivées de poissons de consommation et en conditions de culture intensive.

Source : Unité Mixte de Nutrition des Poissons INRA - IFREMER 29

Quelques études ont été faites sur les besoins alimentaires (en protéines, en éléments minéraux) d'espèces ornementales d'eau douce dans le cadre de production et sur la nécessité d'aliment vivant dans les premiers stades du cycle de vie. Les besoins protéiniques sont de 30 % de protéine brute pour les Cyprinidés. Les besoins en minéraux (phosphore, fer, magnésium et zinc) ont été étudiés pour d'autres espèces, mais peu d'investigations ont été faites pour connaître les besoins vitaminiques des espèces ornementales. Les besoins en acides gras ont été étudiés essentiellement chez les poissons ornementaux marins et se limitent à la supplémentation diététique en acides gras très insaturés n-3.

De nombreuses études ont montré que la composition en acides gras des tissus reflète dans une large mesure celle des lipides alimentaires ingérés et ce chez la plupart des espèces de poissons. Chez la carpe une étude réalisée avec différents types d'huiles (tableau ci-dessous) montre que le plus fort pourcentage d'AGPI longs n-3 est observé avec le régime supplémenté en huile de poisson ; alors que le muscle des animaux nourris avec l'huile de maïs contient 35% d'acide linoléique (18:2 n-6) et celui des animaux nourris avec l'huile de lin 32% d'acide linolénique (18:3 n-3).

Effets de la nature des lipides alimentaires sur la composition des principaux acides gras (% des AG totaux) du muscle chez la carpe (Runge et al., 1987) ci-dessous :

Régime de base + 12% de 

Huile de poisson

Huile de maïs

Huile de lin

Sat.

Mono.

18:2 n-6

18:3 n-3

20:5 n-3

22:6 n-3

27,3

32,7

7,0

4,0

6,7

6,8

16,4

37,1

35,0

2,7

0,1

0,5

13,4

26,9

14,9

32,3

1,0

1,1

Les différentes classes de lipides connues dans le monde animal sont présentes chez les poissons. Ils sont de loin les animaux les plus riches en acides gras polyinsaturés de la série n-3 (AGPI - Oméga 3). La teneur en AGPI n-3 de la chair de poisson varie entre 15 et 36% alors qu'elle n'est que de 1% chez le porc, 2% chez le boeuf et 4% chez le poulet. Dans le milieu naturel, cette richesse en AGPI n-3 est liée à la composition du phytoplancton.  Dans les écosystèmes d'eau douce c'est l'acide linolénique (18:3 n-3) qui est majoritaire (9 à 15%)

Augmenter les lipides au détriment des protéines n'est pas une bonne alternative. Les différents organes et tissus ne réagissent pas de la même façon. Chez les poissons le stockage des lipides peut avoir lieu dans plusieurs tissus : foie, muscle, tissu adipeux périviscéral, tissu adipeux sous-cutané. L'importance de ces sites de stockage varie selon les espèces. Chez la carpe, la teneur en lipides des viscères augmente de 10,8 à 16,7 % avec des régimes contenant respectivement 7 et 15% de lipides, alors que la teneur en lipides musculaire varie peu (de 1,4 à 1,6%). Dans une autre étude réalisée chez la même espèce, les auteurs ont observé une augmentation des lipides corporels (de 4,4 à 8%) et des lipides musculaires (de 1,2 à 2,5%) avec des régimes contenant 5 ou 15% de lipides, respectivement (source : Stephens et al., 1995).

Quelle composition de nourriture ?

Connaître les besoins nutritionnels des poissons est un facteur important de santé, de résistance aux parasites et maladies et signe de longévité. Ainsi, la lecture de l'étiquette d'une boîte de granulés flottants pour koï nous indique généralement les taux :

  • de protéines : fournissant de l'énergie et participant au développement musculaire de la carpe (entre 30 et 35 %) sous forme de farine de poisson blanc, farine de crevettes - farine de froment, de maïs, de soja et de végétaux.

  • de lipides (matières grasses), énergétiques, indispensables mais sans excès sinon les poissons deviendraient gras (< 5%) : le germe de blé contient près de 70% d'acides gras essentiels et est très riche en vitamine E (puissant antioxydant, la vitamine E évite l'oxydation des acides gras essentiels).

  • de glucides (carbohydrates - sucres) qui sont difficilement assimilables par les poissons ;

  • d'humidité : un excès empêche la nourriture de se conserver, un manque nuit à la digestion (environ 10 %)

  • de cendres brutes, résidu de la cuisson. Il faut écarter les aliments qui en contiennent trop (moins de 10 %)

  • de minéraux - oligo éléments, vitamines, pigments naturels : certaines vitamines sont assimilées et stockées par les poissons. Il est important d'avoir des aliments frais qui contiennent des vitamines non oxydées. Le stockage de la nourriture est à ce titre primordial. Il faut utiliser des seaux ou containers avec couvercles étanches. Des apports réguliers en vitamines sont recommandés afin d'augmenter la résistance aux maladies et au stress.

Source : Unité Mixte de Nutrition des Poissons INRA - IFREMER 29

La vitamine C (acide ascorbique) est un micronutriment indispensable, c'est le principal antioxydant de l'organisme.

Il est, à mon avis, primordial de compléter l'alimentation des koï avec des sources naturelles de nourriture, car les poissons ont besoin d'acides aminés qui ne se trouvent pas toujours en quantité et qualité suffisantes dans la nourriture industrielle. Les compléments peuvent être :

  • végétaux sous forme de salade pochée, épinards pochés, quartier d'orange, 

  • nourriture vivante comme les larves de chironomes, vers de terre, larves d'insectes...

  • nourriture congelée, (vers de vase, larves de moustiques, crevettes roses cuites...)

  • nourriture sèche (gammares, chrysalides de vers à soie...)

  • préparations et recettes maison ... (boulettes maison, pulpe d'ail)
     
    Recette de Pupuce  : 10 oeufs frais, 200g de farine de poisson, 300g de semoule de blé extra fine, 200g de farine de maïs moulu avec un mixer, 300g de nourriture pour tortues  à base de gammares. On obtient un aliment à 40% de protéines digeste et attractif pour les poissons. Il suffit de cuire à l'eau pendant 1 min des billes de 10-14 mm de diamètre qu'il suffit de laisser sécher sur des tamis 36h. Possibilité de congélation.
     
    Recette de Pilou59 : mélange de carottes(250gr), filets de merlans surgelés (250gr) cuit à l'eau, passé a la moulinette, ajout d'une cuillère à café de spiruline (pharmacie) faire des plaques ou des boulettes. Possibilité de congélation.
     

  • compléments en vitamines : complexes vitaminés pour aquaculture, vitamine C alimentaire, huile de poisson, vitamines A,D3, E et C, oligo-éléments, anti-oxydant.

  • spiruline (attention, un excès peut favoriser l'Hikkui) et autres pigments naturels, enzymes.

Quand, comment, combien ?

En connaissant au mieux les besoins alimentaires de la carpe koï et son mode de fonctionnement on peut ainsi sélectionner une nourriture adéquate, qui devra évoluer en fonction de la température de l'eau du bassin et des besoins en protéines du koï. Plus la température de l'eau est chaude, plus le métabolisme de la carpe est important et plus les besoins énergétiques (protéines) sont élevés.

On devrait pouvoir nourrir une fois par jour entre 6-7 et 10°C, deux fois entre 10 et 15°C, trois fois entre 15 et 20°C, quatre fois et plus au -delà. La quantité de nourriture distribuée quotidiennement représente selon la saison entre 0,7 et 2 % du poids vif et il ne s'agit pas, en augmentant le nombre de repas, de donner X fois la ration quotidienne. Il est impératif de nourrir peu mais souvent. Enlever immédiatement toute nourriture non consommée dans les 8 minutes !

Indication du poids vif pour une taille dimension donnée de poisson.

Peu signifie que toute la nourriture, dans un bassin possédant une densité normale de poissons, doit être mangée en moins de 4 minutes et souvent qu'il faut fractionner le plus possible la ration quotidienne pour arriver à 4 ou 5 repas par jour. Des études scientifiques ont prouvé que le processus métabolique est ainsi optimisé ce qui est bénéfique à la fois au poisson (besoins énergétiques couverts, santé, grossissement) et au biotope (matières organiques réduites de manières significatives).

Pour faciliter le nourrissage, la taille des granulés doit bien sûr être adaptée à la morphologie des poissons :

  • 1 à 2 mm jusqu'à 7 cm

  • 3 à 4 mm jusqu'à 15 - 18 cm

  • 6 mm au delà

S'il y a des poissons de plusieurs tailles, il convient de donner en premier les gros granulés puis quelques secondes après la nourriture pour les plus petits poissons, un peu à l'écart de l'agitation principale.

En cas d'absence ou d'impossibilité pour nourrir de la sorte, l'acquisition d'un distributeur programmable de nourriture peut se révéler indispensable. Réglable en terme de quantité de nourriture, de nombre de nourrissages, cet appareil permet de se libérer de la distribution d'un certain nombre de repas... Mais, le propriétaire de koï doit assurer ou assister à au moins un repas par jour car sur un plan surveillance sanitaire, la distribution de la nourriture est un moment important. Un poisson qui refuserait la nourriture qu'on lui propose manifesterait un problème : stress, maladie. C'est donc le moment idéal pour observer les poissons et repérer une anomalie éventuelle dans leur comportement.

Afin d'habituer et de familiariser les koï à ce rituel, il est important de nourrir à heures régulières et, selon l'exposition du bassin, lorsque les carpes montrent de l'appétit. Ainsi elles se familiariseront avec votre venue et se montreront de moins en moins farouches. Il n'est pas nécessaire de jeter la nourriture trop près du bord (les koï peuvent être victimes de prédation en fin de repas) elles se rapprocheront d'elles-mêmes bien assez tôt.

Trois fois par an il est conseillé d'ajouter à un repas journalier des compléments vitaminés : au moment du réveil, après le frai, avant l'hivernage. Les vitamines renforcent les défenses naturelles des poissons et les protègent ainsi des organismes pathogènes.   Voir mise en oeuvre  vitamines koi

 Bibliographie :

Bruslé, J. & Quignard, J. P. (2001). Biologie des poissons d'eau douce européens, Technique et documentation édition.
Keith, P. & Allardi, J. c. (2001). Atlas des poissons d'eau douce de France, Patrimoines naturels édition.


Suivez

Suivez-nous :     Recommandez cette page :                

Mise à jour : janv.-17    PassionBassin®     Copyright textes et photos Ph. GUILLET ©     2002 - 2017       contact : webmaster@passionbassin.com