Annonceurs

Décor Aquatique partenaire de Passion Bassin

LES TÉMOIGNAGES :


UNE PISCINE BIOLOGIQUE CHEZ SOI

Par Douglas - (concepteur de piscines naturelles en Lot et Garonne)  visitez son site : http://www.gazele.org

LA PISCINE VIVANTE

Préambule :

Les piscines individuelles deviennent de plus en plus fréquentes, mais le concept du petit carré bleu n’est pas le seul valable – un lieu de baignade ne doit pas forcement être un endroit stérile et coûteux a entretenir…

La construction d’une piscine est un acte lourd de conséquences. L’énergie dépensé pour sa mise en place n’est en fait rien comparé a son entretien : le propriétaire fait un pacte afin d’assurer la stérilité d’un lieu pendant a peu prés 40 ans, une dépense quotidienne d’énergie, physique, monétaire, en produits chimiques et en électricité.

De plus, ces produits chimiques sont des biocides, et nous sommes des organismes biologiques. Si des poissons ne peuvent vivre dans nos piscines, nous aussi devrions éviter de plonger dans l’eau. Il faut savoir que le chlore était tout d’abord utilisé comme arme chimique militaire, puis étonnamment, nous avons commencé a l’ajouter a notre eau potable, et dans nos bains malgré ses effets cancérigène.

Une piscine classique est donc un trou noir (ou bleu) qui transforme de l’énergie en pollution, en retour nous pouvons nous y baigner pendant 2 mois de l’année. Quand on pense que, dans certaines banlieues aisées, presque une famille sur deux construit une piscine, nous nous retrouvons avec des centaines de kilomètres carrés de surface terrestres stériles (la somme de toutes les piscines). C’est une désertification du paysage qui, contrairement a la disparition des forets tropicales ou l’avènement de la garrigue provençale, ou du Sahel sub-saharien, nécessite un gaspillage d’énergie continuel.

Est ce bien grave ? Jusqu'à la tout va bien, pas de raison de s’affoler dira t’on. Pourtant, pour ceux qui osent regarder les signes, on est forcé de réagir ou de devenir pessimiste. Par exemple, dans les années 70, des écolos fanatiques prévoyaient que la nappe phréatique allait bientôt être polluée par les déchets industriels. 30 ans plus tard, c’est fait. Pourquoi boit t’on de l’eau filtrée et chlorée, alors que l’on est allé le chercher a des dizaines de mètres sous terre ? Parce que l’eau est pleine de toxines. Ceux d’entre vous qui ont des proches a la campagne faites le test : combien d’entre eux ont arrêté de boire l’eau de leur puit ou de la source ? Pour ceux qui ont analysé leur eau en laboratoire, la plupart ont trouvé que leur eau n’était plus potable a cause des résidus soit de biocides ou d’engrais chimique, soit de matière fécale provenant d’élevage de bestiaux.

Il n’y a pas de doute : chacun de nos actes contribue a changer le monde. Construire une piscine donc, n’est pas seulement un acte architectural, ou un acte qui aura uniquement des conséquences sur nos loisirs. Nous faisons partie de ce monde, le monde, c’est nous.

Des solutions vivantes pour des structures autonomes…

A priori cet article traite de design : comment mettre en place une piscine naturelle ; mais puisque nous sommes maintenant presque 58 millions d’individus en France (63 millions à certaines périodes de l’année, en comptant les immigrés temporaires et les touristes) ; chacun de nos actes prend, de plus en plus , des dimensions de valeurs morale et éthique, et doit surtout s’accompagner d’un sentiment de responsabilité personnelle vis a vis du soin planétaire.

Revenons au design : L’information et l’humanité, la science et la compréhension, sont en transition. Nous ne nous contentons plus de nommer les choses, ni de les classer par catégories, ni même de savoir comment elles fonctionnent. Le présent mouvement se concentre plutôt sur l’interaction des éléments, comment ils travaillent ensemble, comment arriver a la dissonance ou l’harmonie des systèmes vivants ou de la société.

Un des phares de ce mouvement est James Lovelock qui, en 1979, nous a fourni une thèse (l’hypothèse de Gaïa) qui décrit la Terre, et l’univers, tel un système qui s’auto-régule, qui se construit, un système réactif qui crée et préserve les conditions nécessaires a la vie. Un autre est sans doute Ilya Prigogine : prix Nobel en 1977 et créateur d’une nouvelle discipline – la Bio-physique (Biologie et Physique). Newsweek, écrit, a propos de l’événement ‘…la deuxième loi de la thermodynamie soutien que l’énergie tend a se dissiper et que des système organisés tendent inévitablement vers le chaos. En violation apparente de cette loi, les système biologiques tendent a devenir de plus en plus complexes et efficaces.’

Ce qui faut retenir est le fait que la vie est comme un toile d’araignée, rien n’existe seul, c’est seulement grâce a notre interaction avec le reste que nous sommes là. Donc les parties d’un tout fonctionnent en relation au reste. Un système de design moderne doit intégrer les parties (fabriquées, naturelles, sociales etc…) pour arriver a un tout. Pour ce faire il ne se concentre pas sur les composants eux mêmes, mais sur la relation entre eux, et la façon dont ils s’entraident. Par exemple, nous pouvons mettre en place tout un ensemble de composants, et construire un système qui tend inévitablement vers sa propre destruction sans un apport d’énergie continue (la piscine classique), ou en disposant les mêmes composants de manière différente, nous pouvons tout autant créer un système harmonieux qui nourrit la vie.

C’est quoi exactement une piscine vivante ?

Jusqu'à maintenant il fallait faire un choix entre piscine stérile ou jardin aquatique, une piscine naturelle est en fait un fusion des deux. Grâce aux nouvelles techniques et de connaissances en termes de traitement des eaux, vous pouvez bénéficier d’un eau limpide et claire, tel un lac de montagne, au cœur de votre jardin. L’eau est saine, cristalline, mais il faut être prêt a le partager avec d’autres êtres vivants.

Non seulement vous goûterez aux joies de la baignade, mais vous et vos enfants pourriez côtoyer une faune passionnante tel les libellules, têtards, grenouilles, tritons, en train de s’épanouir dans un jungle de fleurs. Même le héron pourra vous rendre visite ! Non seulement vous pouvez jouir de cet espace au fil des saisons, mais elle n’a pas besoin d’adjonction de produits chimiques, et beaucoup moins d’entretien qu’une piscine classique.

L’étang de baignade est un concept qui a déjà fait ses preuves, depuis les années 1980 en Australie, et plus récemment chez les Allemands et les Hollandais. Elle a suivi l’évolution des systèmes d’épuration des eaux usées par lagunage, qui peu a peu remplacent les méthodes industrielles dans certains villages. Elle n’a pas besoin de technicien pour s’occuper d’elle, pour faire la guerre contre tous ce qui arrive : les feuilles mortes, les bactéries, les algues, le gel etc.… tous ces êtres et événements sont ses amis, elle est intégrée à son environnement.

Comment ça marche ?

Les composants de base d’une piscine vivante sont : le filtre bactérien, le lagunage et l’étang de baignade.

Le filtre bactérien, beaucoup plus qu’un filtre mécanique, est une barrière biologique autonettoyante ! Il peut être divisé en 3 parties, le filtre, la barrière biologique et les plantes :

  • le filtre mécanique, composé de pouzzolane, une roche volcanique, sert a capter les particules en suspension dans l’eau, et aussi de habitat pour les microorganismes qui constituent la barrière biologique.

  • Nous appelons barrière biologique les micro-organismes qui vivent dans la pouzzolane. Ils transforment toute matière organique qui arrive dans le filtre, un peu comme une flore intestinale. Finalement les plantes aquatiques profitent de ce processus et transforment les déchets engendrés en biomasse.

  • Le lagunage prend la forme d’une grande mare semée de plantes aquatiques. C’est un grand bac de décantation pour les particules en suspension. Les trois acteurs principaux ici sont l’argile qui, entre autres, absorbe des toxines comme l’ammoniaque, les plantes dont certaines oxygènent l’eau et fournissent un habitat pour la faune aquatique. La faune a son tour remplit plusieurs fonctions (par exemple : les escargots mangent les feuilles fanées). L’importance du lagunage planté pour l’écosystème est tel qu’il doit constituer au moins 1/3 de la surface totale de l’eau.

L’étang de baignade est évidemment un espace étendu et profond pour s’y mouvoir sans embarras. La masse fournie par sa taille est aussi un atout pour le système de par ses qualités thermiques. D’un côté cela crée des courants : le fait que l’eau y est plus froide qu’ailleurs procure une zone micro climatique de plus pour la diversité biologique, toujours importante pour la vitalité d’un écosystème.

Par une volonté d’offrir une qualité d’eau impeccable pour la natation, le bassin de baignade est souvent surélevé par rapport au lagunage, ceci afin d’assurer un effet de débordement pour retirer tout ce qui s’y trouve en surface. De plus, pour éviter un dépôt de vase au fond du bassin qui pourrait troubler l’eau dans des moments d’utilisation plein d’entrain, on peut y poser des tuyaux aspirants sous une couche de graviers. Ceci dans les cas où une pompe électrique assure la circulation de l’eau.

J’ajouterais qu’une circulation quasi continue, et une bonne oxygénation de l’eau sont essentiels, ceci surtout pour le bien être du filtre bactérien, mais aussi pour ses autres habitants en générale. Donc une bonne pompe pour les systèmes fermés, ou une pente et une alimentation d’eau dans un système linéaire, permettent d’assurer la circulation. L’oxygénation est optimisé par la mise en place d’un ruisseau, des chutes d’eau ou des fontaines, et des plantes submergées. 

Les étapes de construction :

  • Trouver un emplacement (l’idéal serait un terrain en pente, facile a creuser, pas trop prés des arbres et avec a peu prés 8 heures d’ensoleillement par jour), puis y faire le tracé des bords.

  • Creuser jusqu'à la profondeur souhaitée avec des terrasses large d’au moins 1m30 partout ou il y aura des graviers et des plantes pour les retenir. A moins d’être descendue jusqu'à la nappe phréatique, il faut maintenant rendre le trou imperméable.

  • Vous avait un choix entre 4 matériaux pour l’étanchéité : L’argile (seulement si votre terrain est déjà argileux), le caoutchouc synthétique (EPDM), les bassins préformés en plastique ou fibre de verre, ou le béton.

  • Poser donc la couche étanche en assurant que les bords sont de niveau, et installer un trop plein. Puis aménager les bords pour leur donner un aspect naturel.

  • Installer la pompe, les tuyaux et le drain pour le filtre. Ajouter l’argile, la pouzzolane, et les graviers.

  • Remplissez avec de l’eau.

  • Faire les plantations. Choisissez une large variété de plantes, avec quelques plantes oxygénantes, et s’assurez que vous les plantez à la bonne profondeur.

  • Attendre que la vie s’y installe (a peu prés 4 mois). Ex. Des mini-crevettes, des Daphnés, des araignées d’eau, les libellules, des escargots aquatique, des grenouilles, des rainettes, des tritons etc.

Quelques points supplémentaires…

J’aimerais terminer en répondant a quelques questions que l’on me pose assez souvent sur le sujet :

Q : Quel est la meilleure période de l’année pour effectuer les travaux ?

R : Le seul facteur déterminant pour l’emploi du temps des travaux est la flore. Le meilleur moment pour faire les plantations est le printemps. Sachant que les travaux vont prendre entre 2 et 3 mois, si vous voulez vous baigner cet été, il faudrait que les terrassements et le trou soient en place au plus tard pour Avril.

Q : N’y a t’il pas de danger d’attraper des maladies dans l’eau ?

R : Je dirais que la meilleure protection pour votre santé est la santé de la piscine. Nous avons a faire a un écosystème, tous les habitants participent a entretenir la vitalité du lieu et a combattre des éventuelles envahisseurs morbides. Il en va de leurs survie personnelle, donc ils prennent ce sujet très a cœur. Pour renforcer sa vitalité, le design doit surtout assurer la diversité des occupants et faciliter la mise en place d’équipes coopératives. Ajoutons qu’un envahisseur prend plus facilement le dessus dans un support pauvre, comme dans une monoculture plutôt que dans une forêt naturelle, ou dans les tuyaux d’eau d’un bâtiment que dans un ruisseau. N’oublions pas l’importance du placebo et de l’esprit dans tout ce qui traite de santé : pour ceux qui veulent une assurance supplémentaire, je recommande l’installation d’un stérilisateur UV (Ultra Violet).

Q : Toute cette flore et faune n’est elle pas gênante ?

R : Vis a vis des plantes, la piscine naturelle comprend une espace sans plantes du tout : l’étang de baignade. Pour ceux qui est de la présence directe des animaux, celui qui est le plus en évidence c’est la grenouille. Attendez vous a vous faire bercer les soirs de printemps par des concerts vocaux. Par contre, alors qu’on les voit en train de fuir a notre arrivé, une fois dans l’eau on ne les voit plus, elles nous évitent comme elles éviteraient une grenouille géante. L’aspect peut être le plus « gênant » est le fait que la piscine elle même est vivante. Ceci implique des phases de croissance, d’évolution. Les premiers 4 mois par exemple, c’est la période ou la faune s’installe. Les plantes ont besoin d’au moins une saison pour s’épanouir. L’équilibre du milieu n’est en place qu’un an après les travaux. Il ne faut surtout pas perturber ce processus, même si certains aspects peuvent nous incommoder, comme par exemple une période de forte poussée d’algues. (Qui s’estompera d’elle même si le design est bien fait) 

Q : L’eau est elle aussi claire que dans une piscine classique ?

R : Elle peut l’être. Ma première piscine naturelle était vraiment un modèle basique : sans effets de skimmers ni de système pour enlever la vase dans le bassin de baignade. Pourtant, j’y distingue clairement les petits graviers a 2 mètres de fond. L’eau a une odeur agréable, parfois un peu mentholée a cause des menthes aquatiques, et parfois je la boit juste pour goûter. Pour une eau toujours cristalline, la piscine peut être dotée de composants comme un système de débordement (skimmer), un système de nettoyage des vases (robot nettoyeur ou tuyaux aspirants) et quelque chose pour tuer les algues (stérilisateur UV) qui peuvent donner une teinte a l’eau.

Embrassons la vie

Nous savons déjà que notre existence dépend des systèmes vivantes naturelles. (le système solaire, lunaire, forestier, océanique, météorologique, atmosphérique, microbien etc… pour l’air, la température, les saisons, l’eau, etc…) La nature est un architecte avec des milliards d’années d’expérience, pourquoi ne pas en profiter? Si nous acceptons l’existence des autres êtres vivants (qui nous sont tous indispensables) au lieu de toujours vouloir se cantonner dans des milieux stériles, il y a beaucoup de chances pour que la vie continue a nourrir la vie.

Merci à Passion Bassin pour toute son aide technique et pratique.

Douglas


Suivez

Suivez-nous :     Recommandez cette page :                

Mise à jour : janv.-17    PassionBassin®     Copyright textes et photos Ph. GUILLET ©     2002 - 2017       contact : webmaster@passionbassin.com